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ARE et création d’entreprise : ce que personne ne vous dit sur votre couverture prévoyance en cas d’arrêt de travail

Temps de lecture : 6 minutes

 

Arthur et Romane avaient tout prévu. Sauf ça.

Arthur, 41 ans, et Romane, 38 ans, ont repris un restaurant en mars 2024. Dix-huit mois de projet, une étude de marché sérieuse, un financement bouclé. Ils ont quitté leurs postes respectifs — lui en restauration collective, elle en gestion hôtelière — et bénéficient tous les deux de l’ARE pendant 12 mois.

Le lancement se passe bien. Le restaurant tourne. L’ARE complète leurs premières rémunérations, encore modestes. Ils gèrent, ils avancent.

En octobre 2024 — soit 7 mois après l’ouverture — Romane est hospitalisée en urgence. Appendicite compliquée. Trois semaines d’arrêt, puis une convalescence de six semaines supplémentaires. Deux mois sans pouvoir être au restaurant.

Pendant ces deux mois, leur ARE est suspendue. France Travail ne verse pas d’allocation quand on est en incapacité de travail.

Ce qui prend le relais, c’est le régime salarié. Et c’est là que la plupart des créateurs découvrent quelque chose qu’ils n’avaient pas anticipé.

 

Pendant l’ARE : toujours rattaché au régime général salarié

C’est le point que presque personne ne connaît, et qui change tout.

Tant qu’Arthur et Romane perçoivent l’ARE, ils restent affiliés au régime général salarié — la CPAM. Pas au SSI. L’immatriculation de leur SARL n’a pas changé ça. Tant que l’ARE court, c’est le régime de leurs années salariées qui s’applique en cas d’arrêt de travail.

En cas d’arrêt, leurs IJ sont donc calculées sur la base de leurs derniers salaires — à hauteur de 50 % du salaire journalier de référence, dans les limites du régime général. C’est nettement plus que ce que le SSI leur aurait versé avec quelques mois de revenus TNS comme base de calcul.

La portabilité prévoyance, si elle est encore active, peut venir compléter ces IJ — jusqu’à 12 mois maximum à compter de la date de rupture du contrat de travail, pas de la date de démarrage de l’ARE.

Pour Romane, hospitalisée 7 mois après la reprise, la portabilité court encore. Le régime général prend en charge ses IJ. Elle est couverte — imparfaitement, mais couverte.

Jusqu’à la fin de l’ARE.

 

Le vrai danger : le jour où l’ARE s’arrête

A la fin de la période d’ARE, Arthur et Romane basculent au SSI. C’est automatique, c’est définitif, et c’est là que tout change.

Au SSI, les indemnités journalières sont calculées sur la moyenne des revenus professionnels TNS des trois dernières années civiles. Pour Arthur et Romane, dont l’activité a démarré en mars 2024, cette base de calcul en mars 2025 inclut :

AnnéeRevenus TNS déclarés
20220 € (salariés)
20230 € (salariés)
2024premiers mois d’activité, revenus faibles
Base de référence SSIQuasi nulle

Résultat : leurs IJ SSI tombent sur la base minimale forfaitaire — environ 22 € par jour en 2026, soit un peu plus de 650 € par mois.

En parallèle, la portabilité prévoyance s’est arrêtée 12 mois après leur rupture de contrat — soit en janvier 2025 pour quelqu’un qui a quitté son employeur en janvier 2024. Elle n’est plus là pour compléter et ne fonctionne qu’à la condition d’être encore inscrit à France Travail.

Arthur et Romane se retrouvent donc avec :

  • Plus d’ARE
  • Plus de portabilité
  • Des IJ SSI à 22 € par jour
  • Des charges fixes de restaurant à honorer
  • Des rémunérations à maintenir

C’est le trou de couverture. Et il dure jusqu’à ce que leurs revenus TNS des trois dernières années soient suffisamment élevés pour que la base de calcul SSI monte — soit pas avant 2028 dans leur cas.

 

Un piège supplémentaire : l’ARCE en capital

Certains créateurs choisissent l’ARCE plutôt que le maintien mensuel de l’ARE — un versement en capital de 60 % du reliquat ARE en deux fois, pour financer le lancement.

C’est une option qui peut avoir du sens financièrement. Mais elle a une conséquence directe et immédiate sur la couverture.

En optant pour l’ARCE, vous n’êtes plus indemnisé par France Travail. Vous ne percevez plus l’ARE. La bascule au SSI est donc immédiate — dès le jour de l’immatriculation. Vous ne bénéficiez pas de la protection du régime salarié pendant la phase de démarrage.

Et comme vous n’êtes plus indemnisé au sens du chômage, la portabilité prévoyance et mutuelle ne s’applique pas. Vous repartez de zéro, sans aucun filet issu de votre vie salariée.

C’est le scénario le plus exposé, et le moins bien compris des créateurs qui choisissent cette option.

 

Les trois décisions à prendre avant la fin de l’ARE

La fenêtre d’action, c’est les derniers mois de l’ARE — avant la bascule au SSI. Il faut anticiper, pas réagir.

Décision 1 — Vérifier la durée restante de votre portabilité

Le compteur de la portabilité prévoyance et mutuelle démarre à la date de rupture du contrat de travail, pas à la date de début de l’ARE. Si vous avez quitté votre employeur en janvier et démarré votre ARE en mars, vous avez déjà consommé deux mois de portabilité sans vous en rendre compte. Retrouvez la date exacte sur votre certificat de travail.

Décision 2 — Souscrire une prévoyance complémentaire TNS avant la fin de l’ARE

Un contrat de prévoyance TNS comporte des délais de carence — souvent 3 à 6 mois sur certaines garanties arrêt de travail. Si vous attendez la fin de l’ARE pour vous en occuper, vous serez dans le vide pendant plusieurs mois au moment même où votre couverture obligatoire chute.

Décision 3 — Calibrer les IJ sur vos charges réelles, pas sur vos revenus actuels

Vos revenus TNS sont encore modestes en fin d’ARE. Mais vos charges, elles, sont déjà là. La prévoyance complémentaire doit couvrir l’écart entre ce que le SSI versera au minimum et ce dont vous avez réellement besoin pour tenir — personnellement et professionnellement.

 

Ce que SIMONE fait dans ces situations

Nous accompagnons régulièrement des créateurs et repreneurs en cours d’ARE — souvent alertés par un article comme celui-ci, parfois après un premier incident.

Notre rôle est de faire le point sur votre situation exacte : où en êtes-vous dans votre portabilité, quelle est votre base de calcul SSI aujourd’hui et dans 12 mois, quelles charges devez-vous couvrir en priorité ? Et à partir de là, de vous proposer une solution calibrée — ni sur-dimensionnée, ni insuffisante.

Cet audit est gratuit, sans engagement, et se fait en visio ou par téléphone, partout en France.

Prendre rendez-vous pour un audit prévoyance gratuit

 

Pour aller plus loin

Cas présenté à des fins pédagogiques. Les montants d’IJ mentionnés sont calculés sur la base des règles SSI en vigueur en 2026 (PASS 2026 : 48 060 €). Les conditions de portabilité sont celles prévues par l’article L.911-8 du Code de la Sécurité sociale. Chaque situation est différente — consultez nous pour une analyse personnalisée.

A propos

Simone est un cabinet de courtage en assurances de personnes spécialisé en prévoyance, santé et retraite. Plus de 25 ans d’expérience à accompagner des créateurs d’entreprises comme des dirigeants chevronnés.

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