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La prévoyance, la santé, la retraite des indépendants TNS — vus de l’intérieur. Sans jargon inutile.

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Vous créez votre entreprise : ce qui change vraiment pour votre protection sociale, prévoyance, mutuelle et retraite.

Temps de lecture : 7 minutes 

 

Agathe ne savait pas. Personne ne lui avait dit.

 

En janvier 2022, Agathe a créé sa SARL. 37 ans, un projet solide, de l’énergie à revendre. Elle est gérante majoritaire, grossiste en produits alimentaires — un marché qu’elle connait bien pour y avoir travaillé dix ans comme salariée.

Trois ans plus tard, l’activité tourne. Elle emploie trois personnes. Sa rémunération vient de passer à 3 000 € nets par mois — un cap qu’elle attendait depuis longtemps.

Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est que si elle s’arrête demain — maladie, accident, hospitalisation — elle ne touchera presque rien.

Pas par malchance. Pas par négligence. Simplement parce que personne ne lui a expliqué ce qui s’était passé le jour où elle avait signé ses statuts.

Son expert-comptable lui avait parlé de TVA, de charges sociales, de rémunération optimisée. Sa banquière lui avait proposé un compte pro et une assurance multirisque. Son assureur de toujours lui avait renouvelé sa mutuelle individuelle sans rien changer. Aucun des trois n’avait abordé la question de sa protection sociale en tant que dirigeante.

Ce n’est pas un cas isolé. C’est la règle.

 

Ce que vous aviez en tant que salarié — et que vous avez quitté sans le savoir

 

Quand vous étiez salarié, votre protection sociale tenait à votre contrat de travail. Pas à vous. Pas à votre vigilance. Elle était là, automatique, négociée par votre employeur, financée en partie par lui.

Concrètement, vous bénéficiiez de :

Une mutuelle d’entreprise prise en charge à 50 % minimum par votre employeur, souvent plus dans les grandes structures. Des garanties correctes sur l’hospitalisation, le dentaire, l’optique.

Une prévoyance collective couvrant l’arrêt de travail, l’invalidité, le décès — souvent via une convention collective. Pour un cadre, cette prévoyance assurait le maintien à 80 ou 90 % du salaire net dès le premier jour d’arrêt prolongé.

Une retraite complémentaire Agirc-Arrco alimentée chaque mois, cotisée à parts égales entre vous et votre employeur.

Le jour où vous avez créé votre entreprise, tout cela s’est arrêté. Pas progressivement. Immédiatement.

 

Ce que le régime obligatoire TNS couvre réellement

 

En tant que gérante majoritaire de SARL, Agathe est affiliée à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), anciennement RSI. C’est son régime de base obligatoire. Il couvre les soins de santé de la même façon que le régime général — remboursements maladie, maternité, retraite de base.

Là où tout se complique, c’est sur la prévoyance.

En cas d’arrêt de travail, le SSI verse des indemnités journalières. Mais leur calcul ne se fait pas sur vos revenus actuels. Il se fait sur la moyenne de vos revenus des trois dernières années civiles.

Voici ce que ça donne pour Agathe :

Année Revenu déclaré
N-3 (2022, année de création) 12 000 €
N-2 (2023) 24 000 €
N-1 (2024) 36 000 €
Moyenne de référence 24 000 €

Sa rémunération actuelle est de 3 000 € par mois, soit 36 000 € par an. Mais la base de calcul de ses IJ est de 24 000 € — soit 2 000 € par mois.

Le SSI verse au maximum 1/730e du revenu annuel de référence par jour, dans la limite du PASS (48 060 € en 2026). Pour Agathe, cela représente environ 32 € par jour, soit environ 960 € par mois.

Elle gagne 3 000 €. Elle toucherait 960 €. Et encore — seulement après une franchise de 3 jours pour un accident, 7 jours pour une maladie.

Avec 960 € par mois, Agathe ne couvre pas ses charges personnelles. Elle ne couvre pas non plus les charges fixes de son entreprise — loyer, abonnements, salaires à avancer si elle reste gérante sans être remplacée.

 

La règle des trois ans : le piège du créateur qui monte en charge

 

Ce décalage entre revenus réels et revenus de référence est particulièrement brutal pour les créateurs et repreneurs d’entreprise.

Quand on crée une activité, les premières années sont souvent modestes — par choix (pour limiter les charges) ou par nécessité (l’activité se construit). Les revenus montent progressivement. Et pendant toute cette phase de montée en charge, la base de calcul des IJ reste ancrée sur les années précédentes, parfois très faibles.

Agathe a attendu 3 ans pour se verser 3 000 €. Pendant ces 3 ans, si elle s’était arrêtée, sa couverture obligatoire aurait été quasi nulle les premières années, puis insuffisante.

C’est mathématique. Et c’est connu de tous les professionnels de la protection sociale. Mais pas de la plupart des créateurs d’entreprise.

 

Et la retraite, dans tout ça ?

 

Le deuxième sujet que personne n’aborde au moment de la création, c’est la retraite.

Agathe cotise au SSI pour sa retraite de base. En tant que gérante majoritaire, elle ne cotise à aucun régime complémentaire.

Les projections sont sans appel : à revenus équivalents, un TNS qui ne met rien en place de son côté partira à la retraite avec une pension significativement inférieure à celle d’un cadre salarié. Les estimations varient selon les situations, mais un écart de 30 à 50 % entre la dernière rémunération et la pension est courant.

Plus vous commencez tôt à construire un complément de retraite, plus l’effort mensuel est supportable. Plus vous attendez, plus la marche est haute.

 

Ce qu’Agathe aurait dû faire dès la création

 

La bonne nouvelle, c’est que ça se construit. Et ça ne coûte pas forcément très cher — surtout au démarrage, quand les revenus sont encore modestes et de surcroît quand on est jeune.

Sur la prévoyance, l’enjeu prioritaire est de couvrir le risque d’arrêt de travail avec des indemnités journalières complémentaires qui s’activent dès la fin de la franchise (adaptée selon l’activité et la trésorerie). Le montant à couvrir est la différence entre ce que verse le SSI et ce dont vous avez réellement besoin pour maintenir votre niveau de vie et faire tourner votre activité.

Sur la mutuelle, si vous étiez couvert par la mutuelle de votre ancien employeur, vous pouvez bénéficier de la portabilité pendant 12 mois maximum — le maintien gratuit de vos garanties après votre départ, sous conditions. C’est un filet temporaire, pas une solution durable. Il faut l’anticiper dès le début.

Sur la retraite, la mise en place d’un Plan Épargne Retraite (PER) ou d’un contrat d’assurance vie dès les premières années — même avec des versements modestes — permet de prendre date et de construire progressivement.

 

Quand faut-il s’en occuper ?

 

Idéalement, avant même de signer vos statuts. L’état de santé et les capacités à s’assurer peuvent influer le choix du statut, gérant minoritaire, président de SAS..

En pratique, le plus souvent possible à partir du moment où vous lisez cet article.

La règle des trois ans du SSI joue dans les deux sens : plus vous déclarez tôt des revenus corrects, plus vite votre base de calcul monte. Et plus tôt vous souscrivez une prévoyance complémentaire, plus votre couverture est stable — et moins elle vous coûte, car les cotisations augmentent avec l’âge.

Agathe a attendu trois ans. Trois ans pendant lesquels elle a couru un risque financier majeur sans le savoir. Elle a de la chance : il ne s’est rien passé. Mais ce n’est pas une stratégie.

 

Ce que SIMONE fait dans ces situations

 

Chez SIMONE, nous accompagnons régulièrement des créateurs et repreneurs d’entreprise — souvent au moment où ils réalisent, comme Agathe, que leur protection ne correspond pas à ce qu’ils imaginaient.

Notre rôle n’est pas de vous vendre un contrat. C’est d’analyser votre situation réelle : votre statut, vos revenus, votre régime obligatoire, vos charges fixes, votre situation familiale — et de vous dire exactement ce que vous avez, ce qu’il vous manque, et ce qui mérite d’être comblé en priorité.

Cet audit est gratuit, sans engagement, et se fait en visio ou par téléphone, partout en France.

→ Prendre rendez-vous pour un audit prévoyance gratuit

 

Pour aller plus loin

 

Cas client réel présenté à des fins pédagogiques. Les chiffres sont indicatifs et calculés sur la base des règles SSI en vigueur en 2026 (PASS 2026 : 48 060 €). Chaque situation est différente — consultez nous pour une analyse personnalisée.

A propos

Simone est un cabinet de courtage en assurances de personnes spécialisé en prévoyance, santé et retraite. Plus de 25 ans d’expérience à accompagner des créateurs d’entreprises comme des dirigeants chevronnés.

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