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Retraite du médecin libéral : ce que la CARMF vous versera vraiment — et comment combler l’écart

Temps de lecture : 9 minutes

 

Le chiffre que peu de médecins connaissent avant 50 ans

 

Un médecin généraliste libéral perçoit en moyenne 7 500 € nets par mois en activité. C’est ce que confirment les données CARMF sur les revenus 2023 des généralistes libéraux.

À la retraite, la pension moyenne versée par la CARMF s’élève à 2 967 € bruts par mois.

L’écart est de l’ordre de 60 %. Pour un médecin habitué à vivre sur 7 500 € par mois, passer à moins de 3 000 € représente un changement de niveau de vie radical — d’autant que cette pension est brute, avant prélèvements sociaux et impôt sur le revenu.

La retraite du médecin libéral est un sujet que beaucoup repoussent. Les années passent vite entre l’installation, le remboursement des emprunts, le développement du cabinet. Et puis il y a cette conviction diffuse que « la CARMF s’occupe de tout ». Elle ne s’occupe pas de tout. Elle s’occupe d’une partie — et cette partie, aussi bien organisée soit-elle, ne suffit pas à maintenir le niveau de vie d’un praticien en activité.

 

Comment fonctionne la retraite du médecin libéral

 

La retraite CARMF repose sur trois régimes distincts, dont la combinaison constitue la pension totale.

 

Le régime de base — 23 % de la pension moyenne

Le régime de base des médecins libéraux est géré par la CNAVPL (Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales). Il fonctionne en points. Chaque année, les cotisations versées permettent d’acquérir des points, convertis en pension à la liquidation.

Depuis le 1er janvier 2026, la valeur de service du point est de 0,6599 €. Le taux de liquidation est de 100 % si le médecin dispose du nombre de trimestres requis à l’âge légal de départ.

En 2026, les cotisations au régime de base représentent 8,73 % des revenus jusqu’à 1 PASS (48 060 €) et 1,87 % au-delà.

 

Pour les médecins conventionnés de secteur 1, l’Assurance Maladie prend en charge une partie de cette cotisation — entre 1,12 % et 2,15 % des revenus selon la tranche, ce qui constitue un avantage non négligeable.

Dans la pension moyenne CARMF, le régime de base représente 668 € par mois, soit 23 % du total.

 

Le régime complémentaire — 45 % de la pension moyenne

C’est le pilier principal de la retraite CARMF. Il fonctionne en points : chaque médecin accumule 1 point par tranche de 14 602 € de revenus en 2026, dans la limite de 10 points par an.

La valeur du point complémentaire est de 77,14 € en 2026.

Ce régime ne connaît pas de décote — même si le médecin part sans avoir le nombre de trimestres requis pour le taux plein au régime de base, sa pension complémentaire n’est pas minorée.

Les cotisations représentent environ 10 % des revenus, dans la limite de 3,5 PASS.

Dans la pension moyenne, le régime complémentaire représente 1 339 € par mois, soit 45 % du total.

 

Le régime ASV — 32 % de la pension moyenne

L’ASV (Avantage Social Vieillesse) est le régime spécifique aux médecins conventionnés. C’est ici que la distinction secteur 1 / secteur 2 joue le plus fort.

Pour les médecins de secteur 1 : les deux tiers de la cotisation ASV sont pris en charge par les caisses d’Assurance Maladie. C’est un avantage considérable — l’Assurance Maladie finance une partie de votre retraite en échange de votre engagement tarifaire.

Pour les médecins de secteur 2 : aucune prise en charge par l’Assurance Maladie. La cotisation forfaitaire ASV est de 5 751 € en 2026, intégralement à leur charge.

La valeur du point ASV est de 11,82 € en 2026.

Dans la pension moyenne, l’ASV représente 960 € par mois, soit 32 % du total.

 

L’avantage OPTAM et DPTAM

 

Depuis la convention médicale, les dispositifs OPTAM (Option Pratique Tarifaire Maîtrisée) et DPTAM (Dispositif Pratique Tarifaire Maîtrisée pour les médecins déjà en secteur 2) permettent aux médecins de secteur 2 de bénéficier d’une prise en charge partielle de leurs cotisations ASV — sous réserve de s’engager à encadrer leurs dépassements d’honoraires.

Concrètement : un médecin de secteur 2 adhérent OPTAM voit une partie de sa cotisation ASV prise en charge par l’Assurance Maladie, dans des conditions proches du secteur 1. C’est un levier significatif pour améliorer la pension future tout en gardant la liberté tarifaire.

Pour les médecins en secteur 2 qui hésitent encore, cet avantage retraite est souvent sous-estimé dans leur calcul.

 

L’écart en chiffres : ce qui change le jour de la liquidation

Voici ce que donne concrètement la pension CARMF pour un médecin généraliste type ayant exercé 35 ans en secteur 1 :

Régime Pension mensuelle brute
Régime de base ~668 €
Régime complémentaire ~1 339 €
ASV ~960 €
Total CARMF moyen ~2 967 € bruts

Après prélèvements sociaux (CSG/CRDS) et impôt sur le revenu, le net perçu tourne autour de 2 200 à 2 400 € par moisselon la situation fiscale du foyer.

Pour un médecin qui gagnait 7 500 € nets en activité, c’est une chute de plus de 65 % de son niveau de vie. C’est le taux de remplacement réel de la CARMF pour un généraliste moyen.

 

À quel âge commencer à construire son complément de retraite ?

 

La réponse courte : dès l’installation.

La réponse pratique : au plus tard à 40 ans.

Chaque année de retard réduit mécaniquement la capacité à constituer un capital ou des revenus complémentaires suffisants. Un médecin qui commence à épargner 500 € par mois à 35 ans sur 30 ans ne fait pas du tout la même chose qu’un médecin qui attend 50 ans pour commencer à 1 500 € par mois sur 15 ans — même si l’effort total est comparable.

Les deux raisons qui font que les médecins tardent :

La charge cognitive des premières années d’installation — remboursement des emprunts, constitution de la patientèle, gestion du cabinet. La retraite paraît abstraite.

La conviction que « ça viendra » — avec des revenus en croissance, beaucoup de médecins se disent qu’ils s’en occuperont quand leurs revenus seront stabilisés. Sauf que la stabilisation arrive rarement aussi tôt qu’espéré, et que l’impôt sur le revenu rend chaque année d’attente plus coûteuse.

 

Les solutions pour construire un complément de revenus

 

L’immobilier locatif — en direct ou via SCPI

En direct : acheter un appartement ou un local commercial pour le louer génère des revenus fonciers réguliers. Les loyers perçus constituent une rente qui s’ajoute à la pension CARMF.

Avantages : constitution d’un patrimoine tangible, effet de levier bancaire possible, revenus réguliers et relativement stables.

Inconvénients : gestion locative chronophage (ou coûteuse si déléguée), concentre le risque sur un seul bien, fiscalité des revenus fonciers souvent lourde en activité (TMI élevée pour un médecin). La fiscalité au régime réel (déduction des charges, amortissement en LMNP) peut atténuer ce point.

Via SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) : investissement dans un parc immobilier diversifié, géré par une société de gestion. Le médecin achète des parts et perçoit des dividendes trimestriels.

Avantages : aucune gestion, mutualisation du risque, accessibilité à partir de quelques milliers d’euros, possibilité d’acheter à crédit.

Inconvénients : rendement net de frais de gestion légèrement inférieur à de l’immobilier direct bien géré, fiscalité des revenus similaire au foncier classique, liquidité limitée (revente des parts moins immédiate que des actions).

Pour un médecin avec peu de temps disponible, les SCPI constituent souvent le meilleur compromis entre rendement et absence de contrainte de gestion.

 

L’assurance vie

L’assurance vie est l’enveloppe fiscale la plus polyvalente du patrimoine français.

Avantages : fiscalité allégée sur les plus-values après 8 ans (abattement annuel de 4 600 € pour un célibataire, 9 200 € pour un couple), liberté de versement et de retrait, transmission hors succession dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire désigné, diversité des supports (fonds en euros sécurisés, unités de compte).

Inconvénients : rendement des fonds euros en baisse structurelle ces dernières années (bien que revenu à des niveaux plus intéressants depuis 2023-2024), pas de déduction fiscale à l’entrée (contrairement au PER), performance dépendante des supports choisis.

L’assurance vie est particulièrement adaptée pour constituer une épargne disponible et transmissible, avec une souplesse que le PER ne permet pas.

 

Le PER — Plan d’Épargne Retraite

Le PER (et son prédécesseur le contrat Madelin) est la solution la plus directement dédiée à la retraite pour un médecin libéral.

Avantages : les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond calculé sur les revenus (généralement 10 % des revenus professionnels nets). Pour un médecin à 41 ou 45 % de TMI, l’économie fiscale à l’entrée est très significative — chaque euro investi dans un PER ne coûte réellement que 55 à 59 centimes.

Inconvénients : les sommes sont en principe bloquées jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé — achat de résidence principale, invalidité, décès du conjoint, etc.). La fiscalité à la sortie s’applique sur le capital et les plus-values (imposition à l’IR sur les rentes ou les retraits).

Le PER est particulièrement efficace pour un médecin à forte TMI en activité, dont la TMI à la retraite sera sensiblement plus faible. L’arbitrage fiscal entre activité et retraite est au cœur de la décision.

 

Quelle combinaison privilégier ?

 

Il n’existe pas de réponse universelle. L’arbitrage dépend de votre âge, de votre TMI actuelle, de votre patrimoine existant, de votre tolérance au risque et de vos objectifs de transmission.

En règle générale, une stratégie équilibrée combine :

  • Du PER pour l’optimisation fiscale immédiate et la constitution d’un capital retraite dédié
  • De l’assurance vie pour la disponibilité et la transmission
  • De l’immobilier (en direct ou SCPI) pour la diversification et les revenus réguliers

Ces trois enveloppes sont complémentaires et non substituables l’une à l’autre.

 

La double peine de l’invalidité : un scénario que personne n’anticipe

 

C’est le point le plus important de cet article, et le moins souvent abordé.

Un médecin en invalidité perd ses revenus d’activité. La CARMF verse une rente invalidité — entre 23 662 € et 31 549 € par an selon la classe de cotisation, soit entre 1 970 € et 2 630 € par mois. C’est déjà insuffisant pour maintenir le niveau de vie d’un praticien.

Mais il y a pire.

Pendant toute la durée de l’invalidité, le médecin ne cotise plus. Ni au régime de base, ni au régime complémentaire, ni à l’ASV. Les points ne s’accumulent plus. La carrière est figée au moment du sinistre.

Quand vient l’âge de la liquidation, la rente invalidité s’arrête et la pension retraite prend le relais. Une pension calculée sur une carrière incomplète, sans les années de cotisation perdues.

C’est la double peine : d’abord une rente insuffisante pendant les années d’invalidité, puis une pension retraite définitivement amputée pour le reste de la vie.

Pour un médecin invalide à 45 ans qui liquide à 64 ans, cela représente 19 ans de cotisations manquantes. L’impact sur la pension finale est considérable.

C’est ici que la prévoyance complémentaire joue un rôle que beaucoup sous-estiment.

Un bon contrat de prévoyance doit prévoir la poursuite des cotisations sur les contrats d’épargne retraite. Concrètement : si vous êtes en invalidité, les prestations perçues permettent de maintenir le niveau de vie et le versement de cotisations d’épargne retraite pour les revenus futurs. Certains contrats PER disposent d’options prévoyance. Dans ce cas, c’est l’assureur qui continue de verser les cotisations à votre place sur votre PER. Vous continuez à provisionner des revenus futurs, même sans travailler.

 

Ce que SIMONE fait pour les médecins libéraux

 

Un audit complet de votre situation retraite comprend plusieurs étapes : analyse des droits CARMF acquis, projection de la pension à différents âges de départ, calcul de l’écart à combler, simulation des solutions disponibles selon votre TMI et votre patrimoine existant, et vérification que votre prévoyance actuelle couvre bien le risque de la double peine.

Ce n’est pas un exercice à faire seul ou en réunion annuelle chez votre banquier. C’est une analyse pluridisciplinaire qui croise protection sociale, fiscalité et stratégie patrimoniale.

Chez SIMONE, nous accompagnons les médecins libéraux dans cette démarche, en lien avec votre expert-comptable si nécessaire. Notre rôle est de couvrir la dimension prévoyance et la construction d’un complément de retraite cohérent.

Cet audit est gratuit, sans engagement, et se fait en visio ou par téléphone, partout en France.

→ Prendre rendez-vous pour un audit retraite/prévoyance gratuit

 

Pour aller plus loin

 

Les données CARMF citées dans cet article proviennent des statistiques officielles de la CARMF (pension moyenne juin 2025 : 2 967 €/mois) et des barèmes 2026 publiés par la caisse. Les montants de pension sont bruts avant prélèvements sociaux et impôt sur le revenu. Chaque situation est différente selon la durée de carrière, les revenus déclarés, le secteur conventionnel et les rachats de points éventuels. Pour une projection personnalisée, consultez votre relevé de carrière CARMF sur carmf.fr et rapprochez-vous d’un conseil indépendant.

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Simone est un cabinet de courtage en assurances de personnes spécialisé en prévoyance, santé et retraite. Plus de 25 ans d’expérience à accompagner des créateurs d’entreprises comme des dirigeants chevronnés.

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